Égalité 2023
Depuis 2019, les mobilisations de la Grève féministe dénoncent les multiples discriminations patriarcales qui touchent différentes sphères de la vie : du travail à la santé, en passant par les retraites et la migration. Malgré ces mobilisations, l’égalité est loin d’être atteinte.
Les femmes sont deux fois plus concernées par les bas salaires que les hommes. Elles sont majoritairement assignées à des métiers peu valorisés et mal rémunérés (comme l’éducation et les soins) ainsi qu’aux temps partiels, indispensable pour concilier vie familiale et professionnelle.
L’écart salarial global entre femmes et hommes était en 2020 de 18%, dont près de la moitié est strictement dû à la différence de genre (non explicable par l’expérience ou une carrière interrompue). Dans certaines branches, comme l’horlogerie, il atteint 25%. La différence globale de revenus du travail entre femmes et hommes, en tenant compte des temps partiels, est même de 43%. Ces discriminations se répercutent sur leur retraite: au niveau fédéral, un tiers des retraitées ne vivent que de l’AVS ; et quand elles touchent un 2e pilier, leur rente reste très inférieure à celle des hommes. Les femmes représentent ainsi 66 % des bénéficiaires des prestations complémentaires à l’AVS dans notre canton.
À cette violence économique s’ajoute une autre. La Suisse enregistre un meurtre toutes les deux semaines des suites de violences domestiques. Les violences, le harcèlement et les viols sont un fléau invisibilisé par les statistiques, tout comme les discriminations qui touchent les personnes LGBTQIA+ dans la sphère professionnelle, l’accès aux soins, à la santé sexuelle ou aux assurances sociales.
Méprisant les mobilisations féministes, la droite augmente l’âge de la retraite des femmes et péjore la LPP, obligeant à cotiser plus pour toucher moins. Les attaques de l’extrême-droite contre les droits des personnes trans’ cachent une offensive réactionnaire plus large contre les femmes, les personnes LGBTQIA+ et leur droit à disposer de leur corps. Par ailleurs, l’UDC détourne les luttes féministes pour justifier le racisme et le renvoi des hommes migrants.
Nous défendons une politique féministe qui met au centre la solidarité, la lutte contre les violences et la reconnaissance du travail domestique et des soins.
Pour une égalité dans les faits au travail
- L’application stricte de la LEg : un contrôle annuel de l’égalité salariale dans chaque entreprise, indépendamment de sa taille, par l’inspectorat du travail, assortie de statistiques publiques
- Des crèches gratuites garantissant une place par enfant, afin de concilier vie professionnelle et vie familiale
- Un congé parental d’une année pour toutes les personnes qui participent à s’occuper des enfants
- La revalorisation salariale des métiers précaires majoritairement féminins
- La prise en compte du travail domestique et des soins lors du calcul des prestations de toutes les assurances sociales
Pour le droit à disposer librement de son corps
- L’inscription de l’avortement libre et gratuit dans la Constitution, sa dépénalisation et son remboursement intégral
- L’accès libre et remboursé à la procréation médicalement assistée
- L’accès libre et gratuit aux mesures de transition de genre, sans nécessité d’un diagnostic de dysphorie de genre
Pour des moyens de lutte contre les violences sexistes et sexuelles
- La mise en place d’un observatoire des violences sexistes et intra-familiales, public et indépendant
- L’application sans réserve de la Convention d’Istanbul par l’instauration d’un plan national de lutte contre les violences sexistes et intra-familiales
- Le renforcement du dispositif fédéral de la LAVI sur le plan financier
- La reconnaissance comme motif d’asile des violences sexistes, sexuelles et en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre