Communiqué18.03.2026

Bug du SECO: Motion transpartisane pour la création d’un fonds cantonal d’urgence en faveur des chômeur·ses lésé·es

Après le fiasco des bugs informatiques du SECO, qui prive encore aujourd’hui des milliers de chômeur·ses de leurs indemnités, et face au refus de la Confédération d’accorder toute compensation, la députée Mathilde Marendaz a déposé une motion au Grand Conseil vaudois, qui sera traitée avec prise en considération immédiate. 

Le texte, co-porté par des élu·es PS, Verts et Vert’libéraux, et signé par 43 personnes, demande à l’État de Vaud la création d’un fonds cantonal d’urgence pour garantir le versement des allocations dues aux assuré·es.

Une défaillance fédérale aux conséquences concrètes

Depuis janvier 2026, la mise en service ratée du système SIPAC 2.0 par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) a entraîné le blocage et les retards de dizaines de milliers de versements d’indemnités chômage. Des milliers de ménages se sont retrouvés sans revenus pendant des semaines, voire des mois : loyers impayés, factures en souffrance, frais de rappel, poursuites. La Confédération a reconnu les faits, mais refusé toute forme de compensation, estimant que la loi ne la prévoit pas.

Ce bug était pourtant prévisible : le Contrôle fédéral des finances avait formulé plusieurs mises en garde, et certaines instances cantonales avaient qualifié le système d’impraticable avant même son déploiement. 

Une motion transpartisane

La motion est déposée par Mathilde Marendaz (EàG-POP) et portée par Circé Fuchs (Vert’libéraux), Romain Pilloud (PS) et Kilian Duggan (Verts), ce qui illustre le caractère transpartisan de la démarche : la création d’un fonds d’urgence cantonal n’est pas une question idéologique, c’est une question de bonne gestion publique et de confiance dans le cadre juridique. La motion demande à l’État de Vaud la création d’un fonds cantonal d’urgence, à disposition des CSR ou de tout organisme cantonal compétent désigné par le Conseil d’État, permettant d’avancer les indemnités aux assuré·e·s lésé·e·s dans l’attente du remboursement par la Confédération.

« Laisser des ménages sans revenus pendant des semaines, voire des mois, coûte in fine bien plus cher à la collectivité que de mettre en place un mécanisme de protection préventif. Le canton ne peut pas rester les bras croisés dans l’attente d’une réaction de la Confédération. »

Mathilde Marendaz, députée EàG au Grand Conseil vaudois

Souveraineté cantonale et responsabilité

Face à l’inaction fédérale, les cantons se sont retrouvés sans marge d’action. Neuchâtel a dû improviser 50’000 francs d’avances en urgence, sans cadre légal préétabli. Un fonds vaudois structuré, avec des critères clairs d’activation et de remboursement, permettrait au canton de ne plus dépendre de la réactivité fédérale pour protéger ses administré·e·s. Le canton avancerait les fonds, à charge pour lui de se retourner contre la Confédération pour en obtenir le remboursement.

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