Communiqué12.03.2026
Salaire minimum : l’urgence d’agir dans le canton de Vaud
Le résultat de la votation genevoise sur le salaire minimum constitue un signal d’alarme pour l’ensemble de la Suisse romande. Depuis 2020, le salaire minimum légal inscrit dans la Constitution et dans la loi à Genève est devenu un levier indispensable pour lutter contre la sous-enchère salariale pratiquée par le patronat afin de tirer les salaires vers le bas.
La décision de la population genevoise d’accepter une réduction de 25% du salaire minimum pour certaines catégories de salarié·es, sous le prétexte d’encourager les « jobs d’été » pour les étudiant·es, ouvre aujourd’hui une première brèche dans cette protection. Cette attaque ciblée contre les jeunes travailleurs·euses constitue une victoire préoccupante pour la droite, qui cherche depuis longtemps à affaiblir cet outil essentiel de politique sociale. Le rapport social vaudois de 2026 nous alerte : après les familles avec enfants à charge, les jeunes font partie des catégories sociales les plus à risque de tomber dans la pauvreté.
Ce contexte d’attaques sur nos acquis sociaux renforce l’importance décisive d’introduire un salaire minimum légal dans le canton de Vaud. À l’appel d’Ensemble à Gauche Vaud, la double initiative déposée vise précisément à instaurer une protection forte contre les bas salaires et la précarité. L’expérience genevoise montre que le salaire minimum est indispensable pour garantir des conditions de travail dignes. Aucun impact négatif sur l’emploi n’a été constaté, aucune CCT n’a été dénoncée. À l’instar de Genève, le salaire minimum légal a également fait ses preuves à Neuchâtel, où le chômage et le recours à l’aide sociale ont reculé.
L’actualité politique vaudoise rend l’introduction d’un salaire minimum légal d’autant plus urgente. Les élections communales de ce week-end ont confirmé la progression de la droite et de l’extrême droite. Cette dynamique ne présage rien de bon pour le maintien et le renforcement de nos acquis sociaux. Alors que l’Alliance vaudoise – en particulier l’UDC – prétend défendre le pouvoir d’achat, le soutien de ces partis au démantèlement de la loi sur le salaire minimum à Genève a montré qu’ils s’attaquent systématiquement aux instruments les plus efficaces pour améliorer concrètement les revenus des salarié·es. Le Conseil d’État vaudois, à majorité de droite, a déjà avancé dans cette direction, en présentant un contre-projet à notre double initiative sur le salaire minimum qui vide complètement le projet de sa substance. D’une part, il reprend la logique de la motion Ettlin, actuellement discutée au niveau fédéral, qui permettrait à des conventions collectives étendues de contourner l’application des salaires minimums décidés démocratiquement dans les cantons. D’autre part, le contre-projet du Conseil d’État vaudois multiplie les exceptions à l’application du salaire minimum pour réduire le plus possible le nombre de salarié·es concerné·es. En d’autres termes, le contre-projet du gouvernement vaudois est à la fois anti-démocratique et anti-social !
Un salaire minimum légal, mesure prioritaire pour Ensemble à Gauche Vaud, constitue aujourd’hui un levier urgent pour lutter contre la pauvreté et assurer un niveau de vie minimum aux travailleuses et travailleurs. C’est pourquoi il est essentiel que le canton de Vaud avance le plus rapidement possible vers le vote de cet instrument, qu’il refuse le contre-projet de la droite et qu’il accepte la double initiative pour un vrai salaire minimum. Face aux attaques contre les protections sociales existantes et à la progression politique de forces hostiles aux droits sociaux, il est plus que jamais nécessaire de renforcer les instruments contre la sous-enchère salariale et de ne donner aucune voix à la droite et à l’extrême droite dans les urnes le 29 mars 2026.