Les 4 axes de notre programme

1 Pour une transition écologique juste, solidaire et immédiate

Notre écosystème est sur le point de s’effondrer. En Suisse, un tiers des espèces vivantes sont menacées d’extinction et le réchauffement climatique a déjà atteint les 2°C. Or, le développement des technologies dites « vertes » ne remet pas en question le modèle économique à l’origine de la déforestation, de la destruction de la biodiversité et de l’accroissement des inégalités mondiales. Défendue tant par la droite que par le Parti socialiste et même les Verts, le développement durable ou la transition écologique dans le cadre du capitalisme sont une contradiction dans les termes.

Un changement de système est nécessaire. Nous voulons rompre avec le modèle capitaliste et productiviste actuel qui nous mène droit dans le mur. C’est pourquoi, nous proposons un programme de transition écologique aussi radical que les destructions que nous observons.

Dans l’immédiat, nous sommes pour reconnaître l’urgence climatique. Plutôt que la « règle d’or » des chantres de l’austérité budgétaire, nous proposons d’instaurer la « règle verte » qui implique de prélever moins de ressources à la nature que ce qu’elle peut reconstituer. Nous proposons de mettre en œuvre tous les moyens permettant d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030 et l’abandon complet des énergies fossiles en Suisse à l’horizon 2040. Cela en appliquant le principe de la justice climatique, c’est-à-dire un financement de la transition écologique assumé par ses principaux responsables. Nous défendons le droit à la mobilité écologique, notamment par la gratuité et le développement des transports en commun régionaux. Nous proposons une politique publique de construction massive de logements durables, des investissements significatifs dans le solaire thermique, des mesures pour relocaliser la production et les échanges ainsi que pour le développement d’une agriculture biologique et de proximité.

2 Pour l’égalité dans les faits

Partout dans le monde, nous assistons à une nouvelle vague de mobilisations féministes. Les femmes de tous horizons descendent dans les rues pour réclamer la fin d’un système patriarcal qui a fait son temps. Après l’année de mobilisations qui a abouti à la grève féministe historique du 14 juin 2019 en Suisse, elles continuent de s’organiser collectivement pour défendre des revendications qui touchent toutes les sphères de la société. Car le constat s’impose : bien que le principe d’égalité soit inscrit dans la Constitution depuis 1981, celui-ci est loin de s’imposer dans les faits. Pour un travail de valeur égale, une femme est toujours payée 18% de moins qu’un homme. Les métiers dits « féminins » sont peu valorisés et sont souvent les plus précaires. Tous les 15 jours, une femme meurt sous les coups de son (ex-)conjoint. De même, les violences liées à l’identité de genre et à l’orientation sexuelle ne sont pas reconnues, pas plus que le droit au mariage pour toutes et tous.

En tant que mouvement politique féministe, Ensemble à Gauche Vaud propose un programme de lutte contre toutes les formes de discriminations qui touchent les femmes, qui sont liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre.

Dans l’immédiat, nous revendiquons une loi contraignante pour faire appliquer l’égalité dans les faits entre femmes et hommes et pour combattre le sexisme sur les lieux de travail. Nous exigeons la liberté absolue pour toutes les femmes et toutes les personnes LGBTIQ de disposer librement de leur corps. Nous exigeons le droit et l’accès à l’avortement et à des moyens de contraception libres et gratuits. Nous revendiquons l’inversion du fardeau de la preuve pour les victimes de harcèlement sexuel sur leur place de travail ainsi que des moyens concrets et financiers pour lutter contre les violences sexistes. Nous demandons la suppression de la « taxe rose », c’est-à-dire la différence de prix entre les produits et services étiquetés pour les femmes et ceux étiquetés pour les hommes. Nous demandons la reconnaissance du travail reproductif (tâches ménagères, éducation familiale, soins aux proches, etc.) comme un vrai travail, l’instauration d’un congé parental égalitaire d’une année et le droit à une place en crèches et garderies pour tous les enfants, sans aucune barrière financière.

3 Nos vies valent plus que leurs profits

De nombreuses personnes font face à un parcours semé d’embûches pour pouvoir boucler leurs fins de mois. Presque 10% des personnes qui travaillent vivent en dessous du seuil de pauvreté, dont deux tiers de femmes. Le chômage et la précarité augmentent et frappent surtout les plus jeunes et les plus âgé·e·s. Pendant ce temps, les partis représentés au gouvernement ont fait passer un cadeau fiscal de plus de 4 milliards de francs par an aux dirigeant·e·s et aux actionnaires des entreprises les plus riches. Avec moins de rentrées fiscales, les collectivités devront couper dans les postes de travail et les prestations des services publics. Pour compenser ces cadeaux à une poignée d’ultra-riches, il faudra en outre augmenter nos impôts !

Les primes d’assurance-maladie ont quant à elles été multipliées par 3 en 20 ans ! Cette explosion des coûts pèse toujours plus sur les ménages, au point que plus d’une personne sur cinq renonce à se soigner pour des raisons financières, mettant ainsi sa santé en danger. La maladie ne devrait ni être une cause de précarité pour les assuré·e·s, ni une source de profits pour les assureurs, les cliniques privées et les industries pharmaceutiques.

Ce système ne peut plus durer ! Nous voulons placer l’humain avant les profits, la solidarité avant le chacun pour soi. Nous voulons partager les richesses que nous sommes 99% à produire par notre travail et nos activités, pour garantir à chacune et chacun une vie digne.

Dans l’immédiat, nous nous battons pour l’instauration d’un salaire minimum de 4’500 francs net par mois pour un emploi à 100%. En parallèle, nous voulons partager et réduire radicalement le temps de travail, pour permettre à chacun-e de vivre mieux et pour produire moins et ainsi préserver notre écosystème. Nous demandons l’extension des droits syndicaux, en particulier du droit de grève. Nous revendiquons la retraite à 60 ans pour toutes et tous et l’intégration des fonds du 2e pilier à l’AVS, ce qui permettrait l’introduction de véritables retraites populaires avec des rentes minimales de 4’000 francs par mois. Nous sommes pour une caisse maladie unique et publique, avec des primes proportionnelles au revenu et assumées à 50% par l’employeur. Enfin, nous demandons de plus larges moyens pour lutter contre la fraude fiscale et une fiscalité plus équitable, par une baisse de charge pour les revenus bas et moyens et une hausse d’impôts pour les gros revenus et les grandes entreprises.

4 Barrons la route au racisme

Alors que la Méditerranée continue de se transformer en cimetière, le gouvernement suisse poursuit sa politique inhumaine de fermeture des frontières et de délocalisation de l’accès à l’asile en dehors du continent européen. Par son application zélée des accords de Dublin, par l’enfermement de migrant·e·s dans les centres de détention administrative, par les renvois forcés et les assignations à résidence, l’État violente, humilie, précarise et détruit des êtres humains. En excluant des migrant·e·s du marché du travail, il les pousse à survivre au jour le jour, parfois grâce à l’économie informelle. Comble du cynisme, la criminalisation de ces activités expose les personnes qui doivent les exercer aux violences policières et les envoie massivement en prison.

De nouvelles migrations surviennent dans les pays du Nord. Elles sont la conséquence directe des misères provoquées par une économie mondialisée, des interventions militaires de puissances impérialistes à l’étranger et des répressions meurtrières d’États autoritaires. La spoliation de leurs ressources maintient ces pays dans le sous-développement et leurs populations dans la pauvreté, tandis que de nombreuses multinationales qui en proviennent sont accueillies, en Suisse et ailleurs, pour bénéficier de privilèges fiscaux.

En parallèle, la nouvelle Loi fédérale sur la nationalité restreint et détériore les conditions d’accès aux droits politiques des étrangers·ères en général. Les critères dits de « bonne intégration » portent atteinte au respect de la sphère privée et à la liberté d’opinion, laissant une large place à l’arbitraire. D’une manière générale, les personnes non-blanches subissent des discriminations au sein des services publics, à l’embauche, dans l’attribution au logement… Elles sont également soumises à des contrôles au faciès répétés, synonymes d’humiliations, de violences et, dans certains cas, de mort. Pour les personnes musulmanes ou perçues comme telles, en particulier les femmes qui portent le foulard, l’islamophobie est source d’humiliations et d’exclusions répétées.

Ensemble à Gauche Vaud lutte sur le terrain contre les effets de cette politique raciste et discriminatoire, défendue et appliquée par tous les partis aujourd’hui représentés au gouvernement. Dans l’immédiat, nous revendiquons l’octroi de la nationalité suisse à tous les enfants nés sur le territoire. Nous voulons que toutes les personnes qui vivent en Suisse disposent des mêmes droits politiques, sociaux et économiques. Nous exigeons la régularisation collective des personnes sans-papiers et l’arrêt immédiat des « renvois Dublin » en faisant jouer la clause de souveraineté. Nous revendiquons la fermeture des centres de détention et le droit à la formation et aux soins pour tou·te·s les mineur·e·s non accompagné·e·s. Nous demandons des sanctions pour les policiers·ères coupables de violences racistes et un meilleur contrôle pour lutter contre le profilage racial. Nous proposons enfin une loi contraignante pour lutter contre toutes les discriminations à l’embauche, au logement, à la formation et aux prestations sociales.

  

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