Nos revendications

Introduction

Le monde dans lequel nous vivons, travaillons, pensons, aimons et luttons a régulièrement connu des crises. Celles-ci n’ont été surmontées qu’au prix de guerres, d’effroyables destructions et d’une croissance économique continuellement relancée. Aujourd’hui, ce système se heurte aux limites de la planète : une croissance infinie dans un monde fini est impossible.

Manifestation pour le climat, lausanne, février 2019
Manifestation pour le climat, lausanne, février 2019. Nos vies et notre planète valent plus que leurs profits. Photo: Sandrine Guitierrez Grise

Pour se perpétuer, le capitalisme doit s’emparer des derniers territoires qui lui échappent, privatiser les services publics et transformer en marchandise tout ce qui est encore gratuit, jusqu’à nos vies dans ce qu’elles ont de plus intime. Production et rentabilité doivent sans cesse augmenter, il faudrait travailler plus pour gagner plus et consommer toujours plus. L’exploitation des humains et le gaspillage des ressources naturelles s’amplifient. Notre environnement subit ainsi des dégâts irréversibles, qui mettent en danger l’ensemble des espèces vivantes et donc l’avenir même de l’humanité.

Alors que l’urgence est manifeste, il faudrait agir résolument pour mettre un terme à cette course suicidaire. Pourtant les décideurs et les décideuses – multinationales, banques, gouvernements – restent passifs devant la catastrophe. Les grandes puissances internationales, dont les États européens et la Suisse, intensifient leur course folle à l’enrichissement des plus fortuné·e·s par l’accaparement des terres et le pillage des ressources, en plongeant dans la misère et la violence les peuples de nombreux États du Sud.

Cependant, quand il s’agit de faire des cadeaux aux plus riches, aux entreprises et aux banques en vidant les caisses des collectivités publiques, quand il s’agit de rogner sur les prestations sociales ou de remettre en cause les prescriptions sanitaires ou écologiques, considérées uniquement comme des « entraves injustifiées au commerce », alors, plus d’hésitation : la propagande est constante et les décisions fermes. Ainsi, le stress, le chômage et la précarité augmentent au gré de la concentration des richesses d’une infime minorité. Celle-ci impose ainsi ses intérêts au détriment de la justice sociale et de l’écologie pour toutes et tous. 

Nous voulons tracer d’autres voies économiques et politiques, construire une société plus responsable, plus sobre, plus solidaire et plus juste. Nous voulons défendre et étendre à tous les niveaux un contrôle démocratique sur les ressources disponibles, les infrastructures et les conditions de vie et de travail. Nous voulons redéfinir, de toute urgence, nos priorités et nos besoins fondamentaux et inventer ensemble un mode de vivre radicalement différent, capable de garantir un avenir aux générations présentes et futures. 

Nous voulons également donner plus de place à des dimensions essentielles de la vie – culturelle, artistique, affective, citoyenne – reléguées aujourd’hui à une place marginale, alors qu’elles pourraient être développées sans limites et sans péril pour le monde qui est le nôtre. 

  

Travaillons moins pour vivre mieux

Greve des femmes, Lausanne, 14 juin 2019
Greve des femmes, Lausanne, 14 juin 2019. Travailleurs de tous les pays: qui lave vos chaussettes?

Alors que le Parlement envisage d’augmenter la durée légale du travail, nous proposons une réduction immédiate du temps de travail à 32 heures, avec embauches correspondantes et sans perte de salaire pour les revenus inférieurs à 120 000 francs par an. À plus long terme, dans la perspective de construire une société écologiste, solidaire et débarrassée de la course au profit, nous défendons la diminution de la durée légale du travail à 20 heures hebdomadaires.

Nous passons plus de la moitié de notre vie au travail, à produire des richesses essentiellement captées par une minorité. En Suisse, les 2 % les plus riches accaparent autant de ressources que les 98 % qui s’épuisent au travail. Avec une durée du travail parmi les plus élevées au monde, la Suisse est l’un des pays où les salarié·e·s rapportent le plus à leurs employeurs·euses. Cette pression à la productivité et au rendement enrichit les plus riches et altère notre santé et notre qualité de vie.

La réduction du temps de travail à 32 heures, combinée à un salaire minimum de 4500 francs par mois, à un salaire maximum, à six semaines de vacances annuelles et à une retraite à 60 ans pour tou·te·s, mettra un terme au rythme de vie effréné auquel nous sommes soumis·e·s et permettra de récupérer du temps libre. Nous pourrons prendre soin de notre santé, nous consacrer à notre famille et à nos proches, prendre part à des engagements citoyens, associatifs ou culturels et profiter de nos loisirs. Elle contribuera aussi à la lutte contre le chômage provoqué par la prochaine crise économique. 

Cette baisse du temps d’activité professionnelle doit s’accompagner d’une amélioration des conditions de ce travail par le renforcement des droits et du contrôle de la production par les salarié·e·s.

Réduire le temps de travail est aussi une mesure écologiste et anti-productiviste, car il s’agit aussi de produire moins pour préserver notre écosystème. Passer à 20 heures de travail hebdomadaires implique de réduire, voire supprimer la production de marchandises polluantes et inutiles telles que la publicité, les armes, les industries du luxe et la production d’engrais de synthèse ainsi que de partager équitablement le travail utile et nécessaire.

Partager le travail est enfin un pas important vers une égalité réelle entre femmes et hommes. Les femmes sont en effet plus nombreuses à devoir accepter des temps partiels et des horaires flexibles, quand elles ne sont pas simplement exclues du marché du travail. La réduction du temps de travail favorise une meilleure répartition des tâches telles que l’éducation, les soins aux proches, le ménage, toutes ces tâches non rémunérées largement supportées par les femmes.

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Pour une décroissance juste et solidaire

Manifestation pour le climat, Lausanne, mars 2019. Pas d'avenir sans décroissance.
Manifestation pour le climat, Lausanne, février 2019. Pas d'avenir sans décroissance.

Partout dans le monde, des milliers de jeunes se sont mobilisé·e·s pour nous alerter sur l’urgence de la crise climatique et écologique. D’ici 2024, les émissions de gaz à effet de serre de la Suisse devraient diminuer d’au moins 50 % par rapport à leur niveau de 1990. Nous devons ensuite atteindre la neutralité carbone d’ici 2030, sans avoir recours à des mesures de géo-ingénierie ou de compensation. Pourtant, les projets actuels de révision de la loi sur le CO2 ne répondent aucunement à ces objectifs et ne permettent pas d’éviter un réchauffement de plus de 1,5 °C, seuil que le GIEC juge déjà dangereux.

Au lieu de s’attaquer aux véritables causes du problème, les projets de révision de la loi sur le CO2 misent sur des mesures de compensation. Mais pour répondre à l’urgence, il ne faut pas compenser, il faut réduire. Les nouvelles taxes prévues s’appliqueraient uniformément à toute la population, sans tenir compte des différences de revenu, alors que la pollution liée à l’importation des biens de consommation ainsi que l’impact climatique de la place financière helvétique restent, eux, complètement ignorés. 

Pourtant, les émissions de gaz à effet de serre du secteur financier sont 20 fois plus importantes que celles de toute la population suisse. Et on se refuse à toucher à des multinationales suisses comme Glencore, faisant partie des 100 entreprises provoquant plus de 70 % des émissions de CO2 dans le monde, ou encore Vale, responsable des barrages dont les ruptures ont causé des catastrophes écologiques et humanitaires majeures au Brésil, en 2015 et en 2019. 

Il est illusoire de penser résoudre la crise climatique sans s’attaquer au système profondément injuste qui la sous-tend. La crise écologique est une conséquence inévitable du capitalisme, qui ne peut survivre sans produire et gaspiller toujours plus. Les taxes et autres solutions dites « vertes » prônées par les partis gouvernementaux renforcent les inégalités sociales et poussent la population à s’opposer à toute politique écologique.

Nous devons sortir de cette logique capitaliste et défendre une politique basée sur le principe de justice climatique : toute mesure environnementale doit contribuer à réduire les inégalités sociales et conduire à une meilleure répartition des richesses. Le principe du pollueur-payeur doit être appliqué : celles et ceux qui causent et profitent des émissions de gaz à effet de serre doivent être mis prioritairement à contribution, et non pas ceux et celles qui en sont les victimes, sous quelque forme que ce soit. 

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Personne n’est illégal·e !

Manifestation contre les renvois Dubli
Manifestation contre les renvois Dublin, Lausanne, 2018. Photo: Gustave Deghilage.

Chaque être humain possède une dignité égale et inaliénable. Pourtant, la Suisse mène une politique migratoire cynique et barbare, caractérisée par le racisme et la violation des droits humains. 

Alors que nous vivons dans un système où capitaux et marchandises se déplacent librement, il n’en va pas de même des hommes, des femmes et des enfants. À nos frontières et sur notre territoire, police et administration opèrent le tri entre les personnes pouvant ou non prétendre à une vie digne et à la sécurité. Nous refusons de cautionner ces divisions artificielles, qu’elles soient basées sur la nationalité, la couleur de peau, le parcours migratoire ou le degré d’intégration au marché du travail. L’égale dignité de chacun·e doit au contraire se concrétiser dans l’égalité des droits pour toutes et tous et dans l’égal accès à l’emploi, au logement et aux services publics (santé, éducation, etc.).

Les aspirations de chacun·e à vivre une vie libre et auto-déterminée sont légitimes. Il n’est pas acceptable qu’une partie de la population étrangère soit exclue du marché officiel du travail et que ses enfants n’aient pas le droit à une formation complète. De même, il n’est pas tolérable que des personnes subissant des violences domestiques soient contraintes de rester marié·e·s à des ressortissant·e·s helvétiques sous peine de perdre leur permis de séjour.

C’est tout·e·s ensemble que nous voulons faire société. Nous ne nous reconnaissons pas dans une citoyenneté à dimension variable. Personne n’est illégal·e : nous sommes favorables à la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous. Nous exigeons un accueil digne des personnes qui fuient les guerres, les régimes autoritaires ainsi que les crises économiques et climatiques. Nous demandons le retrait de la Suisse des accords de Dublin, qui permettent aux autorités de renvoyer automatiquement des milliers de réfugié·e·s par année, sans même entrer en matière sur leur demande d’asile. Nous revendiquons la régularisation collective des personnes dites « sans-papiers ». Le strict respect des conventions internationales relatives aux droits des femmes et des enfants doit prévaloir sur toute autre considération.

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