Communiqué07.10.2026
Le gouvernement distribue d’une main aux patrons et coupe dans les services publics de l’autre
Alors que le Conseil d’Etat annonce de nouvelles coupes, un audit de la Cour des
comptes met en lumières d’importantes lacunes dans la gestion des aides
économiques accordées aux entreprises vaudoises. Pour Ensemble à Gauche, la
trajectoire empruntée par la majorité atteint un nouveau cap, et illustre des priorités
desservant le plus grand nombre au profit de mesures arrosant les plus aisé.e.s.
Ce mercredi, la Cour des comptes a publié les résultats de son audit consacré aux aides
à fonds perdus accordées aux entreprises vaudoises par le SPEI, Innovaud et la FIT. Ses
conclusions sont préoccupantes, parmi lesquelles nous relevons:
- l’absence de critères d’octroi précis au regard des objectifs stratégiques;
- la durabilité reléguée au second plan conduisant au soutien de projets pouvant aller à
l’encontre des objectifs climatiques - l’absence d’un véritable suivi permettant de vérifier que les aides accordées atteignent
leurs objectifs ; - la prise en compte insuffisante des capacités financières des entreprises bénéficiaires,
(une majorité d’entreprises examinées auraient eu les moyens de réaliser leurs
projets sans ces aides); - des mécanismes de prévention des conflits d’intérêts insuffisants ;
- des décisions de refus qui n’indiquent pas systématiquement les droits de recours, en
contradiction avec les exigences légales
Ces constats sont préoccupants dans un contexte où la situation financière cantonale a poussé le
gouvernement à mettre sous pression le service public. Le département concerné est par ailleurs
l’un des rares à avoir bénéficié de renforcements budgétaires importants ces dernières années.
Lors des débats budgétaires 2026, nous avions contesté l’augmentation des moyens alloués à
ces aides. Au vu des conclusions de l’audit, nous réitérerons ces propositions au budget 2027 et
demandons que la Commission de gestion se saisisse du dossier. Nous n’excluons pas de
demander la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire au vu de l’ampleur des
dysfonctionnements constatés.
Par ailleurs, le Conseil d’Etat annoncé aujourd’hui aussi ses adaptations budgétaires pour
absorber les conséquences financières de l’initiative 12%. Nous craignons que ce nouvel échelon
d’orientation austéritaire aient de douloureuses conséquences sur les professionnel.le.s, ainsi que
les usagères et usagers des services publics et para-publics. Nous craignons en particulier
qu’elles touchent des secteurs et populations disposant de faibles moyens pour faire entendre
leur voix.
Ponctionner dans les réserves sans agir suffisamment sur les recettes n’est pas tenable dans la
durée. Ensemble à gauche a proposé plusieurs pistes visant à augmenter les recettes: abattement
fiscal sur les dividendes des gros actionnaires (motion Hadrien Buclin), rehaussement et
augmentation de la progressivité des impôts non-ciblés par l’initiative 12% (motion Conscience)
ou encore révision générale de l’estimation fiscale des immeubles (Minacci). Un soutien de ces
propositions au parlement permettrait de dégager des ressources.
Ensemble à gauche continuera de s’engager avec force pour résister pied à pied, au parlement et
dans la rue, aux côtés des salarié-e-s et des usagers des services publics.