Changeons de cap : pour une ville de Lausanne écologique et solidaire

Pierre Conscience
Conseiller communal, enseignant

Franziska Meinherz
Chercheuse à l’EPFL, militante de la Grève du Climat

Maimouna Mayoraz
Responsable communication et sensibilisation pour une association, militante queer et antiraciste

Johann Dupuis
Conseiller communal, collaborateur scientifique à l’Office fédéral de l’environnement

Ensemble à gauche Lausanne présentera quatre candidat·e·s à l’élection à la Municipalité de Lausanne en mars prochain. Sans nourrir aucune illusion sur la possibilité d’un changement de société fondamental par un éxecutif municipal, nous présentons quatre candidat·e·s pour une majorité différente. Nos candidat·e·s s’engagent à défendre le programme suivant si elles et ils étaient élu·e·s.

La crise provoquée par le Covid-19 a accentué les inégalités. Le nombre de personnes rencontrant des difficultés à s’acquitter de leur loyer a augmenté de presque moitié en Suisse. Les femmes sont particulièrement touchées par la crise : elles sont plus nombreuses à avoir perdu leur emploi ou à devoir combiner travail salarié et école à la maison. Elles sont également surreprésentées dans les secteurs à risque. En parallèle, les personnes sans-papiers, les travailleurs·euses du sexe, les personnes sans domicile fixe, les travailleurs·euses intermittent·e·s ou indépendant·e·s ont été oublié·e·s par le gouvernement et ses aides financières distribuées au compte-goutte. 

Ces problèmes ne sont pas nouveaux : la crise du logement frappe les locataires depuis plus de 15 ans; l’accueil de jour laisse chaque année des centaines de parents sur le carreau; les transports en communs restent trop chers pour une large partie de la population; les conditions d’accès aux soins à domicile se détériorent d’année en année; les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de prendre l'ascenseur et les violences policières à l’égard des personnes noires ne sont pas suffisamment combattues.

EàG se bat depuis des années pour que des moyens supplémentaires soient alloués dans les domaines les plus essentiels et défend une politique forte d’investissements publics. Mais la municipalité socialiste et verte, en place depuis 35 ans, se cache derrière les limitations budgétaires. Ainsi, elle refuse les améliorations structurelles améliorations structurelles qu’attend la population en matière de places en crèche ou de logements à loyers abordables et ne donne de réponses satisfaisantes ni à la crise écologique, ni aux inégalités frappant les femmes et les personnes marginalisées. Il est temps de changer de cap en votant Ensemble à Gauche aux élections municipales de la ville de Lausanne !

 

Urgence
écologique

S’il y a une leçon à tirer de la crise du Covid-19, c’est que notre environnement doit être mieux protégé pour enrayer le cycle destructeur d’épidémies toujours plus fréquentes et meurtrières, qui découlent avant tout de l’élevage industriel et de la réduction des espaces naturels.  Au-delà des épidémies, nous devons nous attaquer de front à des problématiques locales : la population lausannoise souffre depuis des années du bruit routier et de la pollution de l’air, qui dépassent régulièrement les limites légales. Les vagues de chaleur couplées à la pollution de l’air font de plus en plus de victimes parmi les personnes vulnérables.

Alors que la Municipalité de Lausanne se décrit comme « pionnière en matière de durabilité et de politique énergétique », l’empreinte écologique grandissante de Lausanne démontre qu’elle adopte en réalité un attentisme coupable. On se rappelle, notamment, de son entêtement à soutenir jusqu’au dernier moment le projet de défrichage de la Forêt du Flon avant de céder face à la pression de la population et de divers mouvements soutenus par EàG.

 

EàG se bat avec fermeté pour un tournant radical dans l’ambition des politiques écologiques.

Nous revendiquons notamment :

 

Urgence
sociale

La Municipalité actuelle laisse le champ libre aux spéculateurs tels que Bernard Nicod et De Rham, qui entretiennent la pénurie des logements et font flamber les loyers pour maximiser leurs profits. Pire, la majorité rose-verte continue, malgré la crise, d’allouer un tiers de son parc locatif à des loyers au prix du marché. Chaque année des personnes sont contraintes de dormir à la rue même en hiver, dans l’une des villes les plus riches de Suisse! Pour EàG, le droit au logement doit être garanti pour toutes et tous!

Dans le domaine de l’accueil de jour, des centaines de parents se retrouvent chaque année sans solution de garde pour leurs enfants et doivent se replier sur des structures privées, souvent onéreuses, ou faire appel au réseau familial.

Lausanne cherche à renvoyer une image de ville culturelle. Elle n’alloue pourtant que 3,5 % de son budget à ce secteur. Si des structures comme le Théâtre de Vidy ou l’Opéra tirent leur épingle du jeu, d’autres secteurs tels que la création scénique indépendante se retrouvent en difficulté et les professionnel·le·s qui y travaillent ne disposent pas de moyens suffisants pour en vivre. La culture est aussi un métier !

Ensemble à Gauche propose une bifurcation solidaire dans les politiques sociales lausannoises. Nous revendiquons notamment :

 

Urgence
égalité

Pour construire une société juste et égalitaire, il s’agit d’en avoir la volonté politique et de se doter des outils et des ressources à même d’atteindre cet objectif.

C’est une très bonne initiative de renommer une place « Place du 14 juin ». Toutefois, il est évident que cela reste un acte purement symbolique si au même moment le territoire alloué à la prostitution de rue est réduit de moitié, entraînant une détérioration des conditions de travail des personnes concernées. Lausanne devrait être pionnière dans la mise sur pied d’un plan de lutte contre toutes les formes de violences sexistes et sexuelles. Nous devons aller au-delà d’une stratégie centrée sur la répression et adopter une approche qui a pour objectif une modification des comportements des personnes ayant recours à cette violence; sur les lieux de travail, dans les familles, et sur les lieux de formation.

Quant aux violences policières et au racisme structurel, combien de personnes noires devront encore témoigner des mauvais traitements infligés par la Police, combien devront en mourir, pour qu’enfin la Municipalité se décide à mettre en place des mesures efficaces ?

Nous demandons :